International. Serbie.
Quelques jours après la commémoration du massacre des musulmans de Srebrenica, les services secrets ont mis fin à la cavale de l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.
Traqué depuis treize ans, son arrestation dans une banlieue de Belgrade survient quinze jours après la formation d’un nouveau gouvernement en Serbie et met fin au premier volet d’une longue saga judiciaire.
L’accusé devrait donc rejoindre prochainement sa cellule de la prison du tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), proche de la mer du Nord, dans laquelle il est attendu depuis sa première mise en accusation, le 24 juillet 1995.
C’était quelques jours après la prise de Srebrenica par les forces serbes, placées sous les ordres du général Ratko Mladic, lui aussi inculpé mais toujours en cavale.
En quelques heures, plus de 8 000 hommes, tous musulmans, avaient été assassinés au pistolet et au fusil tandis que les femmes, les vieillards et les enfants étaient eux déportés vers « les territoires libres » de Bosnie-Herzégovine, sous l’œil passif d’un bataillon néerlandais de casques bleus, pris entre la passivité de l’ONU sous les ordres de laquelle il était placé, et la brutalité des forces serbes.
Outre sa responsabilité dans le massacre de Srebrenica, Radovan Karadzic est accusé de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 1991 et 1995.
Selon son acte d’accusation, le chef politique des Serbes de Bosnie a commandité les crimes dans l’objectif « de prendre le contrôle des régions de Bosnie-Herzégovine qui avaient été déclarées partie intégrante de la république serbe ». Pour mettre en œuvre sa politique d’épuration ethnique, Radovan Karadzic aurait, avec d’autres, « établi et mis en œuvre un plan d’action qui prévoyait la création de conditions de vie impossibles, se traduisant par des persécutions et des tactiques de terreur destinées à pousser les non-Serbes à quitter ces régions, l’expulsion des personnes peu disposées à partir et l’élimination des autres. » Il est aussi accusé pour les 44 mois de siège de Sarajevo.
Le procès de Radovan Karadzic devrait se dérouler dans des délais rapides. L’ONU impose au tribunal de fermer ses portes fin 2010. Mais depuis 13 ans, le procureur a eu le temps de construire son dossier. Il dispose de nombreuses pièces, solides.
Plusieurs hommes ont déjà été jugés par le tribunal pour le drame de Srebrenica notamment, parmi lesquels le général Radislav Krstic, condamné à 35 ans d’emprisonnement. Dans leur jugement, les magistrats avaient qualifié de « génocide » le drame de Srebrenica. Par ailleurs, 6 responsables sont actuellement dans le box des accusés.
Ban Ki-moon l'a rappelé : le travail du tribunal ne sera pas terminé tant qu'il y aura des fugitifs et notamment le complice de Radovan Karadzic, le général Ratko Mladic.
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