International. Iran.
Le président Mahmoud Ahmadinejad a affirmé mercredi que le rapport, rendu public lundi par les seize agences de renseignement américaines prouve la légitimité du programme nucléaire de l’Iran.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié mercredi de "victoire" le rapport du renseignement américain faisant état d'une suspension de son programme atomique militaire, y voyant une raison supplémentaire pour Téhéran de poursuivre ses activités nucléaires.
Ce formidable pavé dans la mare qu’est ce rapport et ses conclusions contredisent de manière flagrante toutes les déclarations qui, jusqu'ici, ont ponctué la politique des Etats-Unis à l'égard de la République islamique d’Iran constamment soupçonné de vouloir se doter à brève échéance de l'arme nucléaire.
"Il s'agit de la déclaration de la victoire du peuple iranien face aux grandes puissances", a lancé le président dans la province d'Ilam dans le nord-ouest de l’Iran.
Mahmoud Ahmadinejad a vu dans ce document une raison supplémentaire de ne pas reculer sur ses activités nucléaires : « l'Iran ne bougera pas d'un iota sur son droit au nucléaire" civil, a-t-il dit.
Pour le président américain, le rapport des agences de renseignement est un désaveu cinglant. Avec son vice-président Dick Cheney, G.W. Bush a toujours mis en avant les ambitions nucléaires iraniennes pour insister sur un durcissement des sanctions, voire pour laisser planer la menace de frappes «préemptives» contre Téhéran.
Aujourd'hui, ses déclarations se vident de tout contenu. Plus: la reconnaissance que les agences de renseignement s'étaient trompées par le passé rend désormais impossible pour le président toute idée de réunir une coalition, sur le plan interne ou international, en faveur du maintien de la ligne dure.
Le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hussain Nozari, a réclamé à cet égard que Washington abandonne les mesures contre son pays.
"Pensez-vous que les Etats-Unis vont poursuivre les sanctions après l'annonce qu'ils ont faite? S'ils le font, je ne comprends pas leur logique et comment ils comptent convaincre la communauté internationale", a déclaré M. Nozari à Abou Dhabi.
Moscou va "réfléchir à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU en prenant en compte tous ces nouveaux facteurs, y compris évidemment les informations américaines", a commenté le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.
L'ambassadeur de Chine à l'ONU, Wang Guangya, a estimé que "les membres du Conseil devront y réfléchir (...) maintenant les choses ont changé" tandis que pour le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, Téhéran ne représente pas "une menace imminente".
Pour Mahmoud Ahmadinejad, ce rapport valide son jugement selon lequel le dossier nucléaire est clos: "Il y a trois mois j'ai dit que l'affaire nucléaire était finie", a-t-il rappelé, en ajoutant que "certains ont cru que je voulais soutenir le moral du peuple mais il s'agit d'une réalité".
---> Iran. Rapport. Légitimité. Programme nucléaire. Mahmoud Ahmadinejad.