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Le président Nicolas Sarkozy lance avec faste dimanche à Paris l'Union pour la Méditerranée (UPM) en présence de plus de 40 chefs d'Etat ou de gouvernement, un projet fondé sur des partenariats et une tentative d'équilibre Nord-Sud, mais dont l'avenir reste incertain.
Les chefs d'Etat des deux rives de la Méditerranée, à l'exception notable du Libyen Mouammar Kadhafi, se rassemblent ce dimanche à Paris pour lancer l'Union pour la Méditerranée. Une journée préparée minutieusement.
La séance plénière marquant la naissance de l'UPM doit durer trois heures dans l'après-midi au Grand Palais, un bâtiment prestigieux construit au bord de la Seine pour l'exposition universelle de 1900.
La rencontre sera coprésidée par M. Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak.
Préparé depuis un an, ce sommet réunira 43 pays tout à l'heure, au Grand Palais - un monument bâti pour l'Exposition universelle de 1900 -, autour d'une gigantesque table ovale dressée pour l'occasion: les 10 pays du Sud (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Syrie, Tunisie, Turquie) et l'Autorité palestinienne. Exception notable: la Libye.
Son dirigeant, Muammar Kadhafi, pourtant accueilli avec tous les honneurs en décembre dernier, a qualifié ce projet "d'effrayant et dangereux". Coté Nord: la Bosnie, la Croatie, l'Albanie, Monaco et le Monténégro, et les 27 pays de l'Union européenne.
Signe de la complexité de l'exercice, aucune "photo de famille", traditionnelle à la fin de ce genre de rencontre solennelle, n'est prévue dimanche. Mais, pour la France, le fait de réunir autour d'une même table certains rivaux de longue date constitue en soi une "victoire".
Deux défections de taille ont été enregistrées: le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a jugé le projet "effrayant" et boycotte la rencontre, et le roi du Maroc Mohammed VI, qui a dépêché au dernier moment son frère, le prince Moulay Rachid, pour cause d'agenda "surchargé".
Le sommet adoptera une déclaration d'une dizaine de pages, dont certains passages sur le processus de paix au Proche-Orient faisaient l'objet d'ultimes tractations dimanche matin entre ministres des Affaires étrangères.
Les initiateurs de l'UPM espèrent garantir son succès en se concentrant dès sa création sur des grands projets concrets: dépollution de la Méditerranée, énergie solaire, sécurité civile ou développement des "autoroutes de la mer".
Ils insistent aussi sur la volonté d'une parité Nord-Sud, symbolisée par deux coprésidents issus de chacune des deux rives. Le secrétariat général devrait en outre revenir à une ville du sud. Mais la question est à l'origine de vives rivalités, notamment entre Rabat et Tunis, et sera remise à plus tard.
Le financement des projets restera lui aussi à définir une fois passée la grand-messe de lancement.
Mettant fin à l'isolement international de Bachar al-Assad, le président français a annoncé en retour qu'il se rendrait à Damas en septembre.
Une réunion ministérielle des pays membres de l'UPM est prévue les 3 et 4 novembre à Marseille. Le prochain sommet de l'UPM devant avoir lieu dans deux ans. Le temps, pour cette mégastructure, de ne pas demeurer une coquille vide.
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